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Aujourd’hui, je déballe les thématiques sensibles avec une perle sujette à débats dans l’actualité médiatique : le cunnilingus. Cet acte trop longtemps passé sous silence, trop longtemps désapprouvé, trop longtemps incompris, qui depuis peu s’élève comme un symbole de la révolution féministe (à débattre). Il est temps, pour moi aussi, de me pencher sur la beauté de ce geste et toute sa controverse qui, parfois, horripile.

Alors le cunnilingus tout d’abord qu’est ce donc que cela ? Au delà d’un tabou sociétal, il s’agit dans un premier temps d’un rapport oral, d’une pratique sexuelle buccale visant simplement à stimuler différentes parties des organes génitaux de la femme avec sa langue et ses lèvres (ajoutez à cela le nez et les dents pour les plus fous). À l’égal de la fellation pour l’homme, cet acte peut tout autant être synonyme de “préliminaire” qu’être une source agréable d’orgasme(s). Pour autant, le cunnilingus reste encore souvent une pratique laissée sur le bord de la route dans une société qui continue de bien trop prôner le rapport “pénétro-centré” (malgré les progressions) à travers les médias, le cinéma, la musique, … Aussi, malgré l’éveil actuel des pensées, quels sont les freins qui subsistent ?

Scoubidoxy Officiel : Le cunnilingus et la controverse du rapport

Scoubidoxy Officiel : Le cunnilingus et la controverse du rapport

Réticence et déconsidération

En fait, la notion de préliminaire devrait être proscrite de toute sexualité. Dissimuler les caresses, les coups de langues et la danse des doigts sous un masque pour en faire une sorte d’échauffement avant la pénétration amène ici tout un problème. Et la pornographie n’aide en rien à cela lorsqu’elle place le sexe oral comme une première partie, une avant-première au sexe vaginal et anal. Ainsi, avec tout ce manque d’intérêt généralisé, le cunnilingus se perd dans un océan que la société semble vouloir nommer “pratiques bonus”.

Qui plus est, les cours d’éducation sexuelle jusqu’à présent dispensés semblent se refuser à toute présentation réellement approfondie de l’appareil génital féminin et de ses plaisirs. Les hommes et femmes en construction apprennent la sexualité en enfilant des préservatifs sur une banane. Beaucoup de jeunes filles ne savent pas ce qu’est le clitoris mais savent parfaitement dessiner des pénis. Le cunnilingus arrive ainsi forcément comme un cheveu sur la soupe, une pratique inconnue qui effraie dès le plus jeune âge quand on ne sait ni à quoi ressemble réellement une vulve, ni comment fonctionne le plaisir féminin.  

Corps complexe

Alors oui, oui, le corps de la femme est complexe, c’est bien ce qui en fait sa beauté. C’est pour cette première raison que la pratique du cunnilingus garde dans l’esprit de beaucoup l’aspect d’un exercice mystifié et difficile. Chaque corps est différent, peu importe son genre, et il n’y a donc pas de connaissance précise de La femme, puisqu’il y a Des femmes. Dès lors, l’acte même de stimuler un organe aussi indéfini et aussi indescriptible peut rebuter voire même effrayer. Cette méconnaissance soulève à nouveau un point de discorde : la performance. Comme pour toujours pousser le malheur plus loin, la pornographie et le terme de “préliminaire”, en plus de désacraliser le rapport non-pénétré, s’engagent visiblement aussi à créer des zones de confort. À force de n’offrir qu’image de pénétration sur image de pénétration, la représentation du rapport sexuel dans les différentes facettes de notre société allie cette pénétration au plaisir de femmes que l’esprit collectif tend à assimiler à La femme, pourtant inexistante. Qui plus est, dans l’image que l’on s’en fait, jouir et faire jouir reste la principale finalité d’un rapport. Aussi, si la pénétration est liée à l’ultime plaisir féminin, que cette jouissance est associée à une finalité, pourquoi s’étonner que la majorité de la population laisse perdurer l’idée que le triomphe réside dans la pénétration ? Plus encore, pourquoi imaginer que l’individu lambda puisse vouloir complexifier le rapport sexuel quand le processus qu’on lui a dépeint tout au long de sa vie lui semble pourtant si clair et si bien ancré ?

Scoubidoxy Officiel : Le cunnilingus et la controverse du rapport

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Orgasme  

Mais en voilà donc un autre de réel soucis : l’orgasme. Qu’il soit atteint ou non, il reste dans l’esprit de beaucoup de gens comme pesant sur les épaules. Donner du plaisir ou en recevoir est après tout une de ces choses qui nous diffèrent de la plupart des animaux : nous ne couchons pas simplement pour nous reproduire. Cependant, donner autant voire plus d’importance au paroxysme du plaisir qu’à toutes ses escapades intermédiaires peut réellement annuler tout effet escompté. Le rapport sexuel est une découverte de l’autre. Ce même autre qui n’a pas du tout le même corps ni la même sensibilité que l’autre d’encore avant, ni même que l’autre d’encore encore avant. Lier la pénétration à l’orgasme est une chose. En faire son seul objectif en est une autre. D’autant que le cunnilingus peut offrir un panel de sensations toutes aussi uniques et toutes aussi fortes quand on prend en compte le fait que les zones érogènes sont multiples et que le clitoris lui-même est externe en plus d’être interne.

La crainte de ce qui n’est pas ou peu représenté est totalement justifiée. L’inconnu effraie et ça c’est bien connu. Cependant, mettre autant de volonté à centrer le plaisir sur une seule et unique pratique sexuelle peut faire de la sexualité en général quelque chose de bien triste et de bien ennuyant. Diversifions les positions, les pratiques, les sens, et les rythmes. Usons de nos langues, de nos mains, de nos lèvres, de nos yeux, de nos dents. Créons ainsi de nouvelles zones de confort. Et n’attribuons plus le triomphe à la pénétration mais à l’expérimentation et au touche-à-tout. N’hésitez pas à suivre Scoubidoxy sur les différentes plateformes Twitter, Instagram, Facebook pour être au courant de mes derniers articles ! Bisous sur vos rondelles.